dimanche 8 octobre 2017

Chronique fatiguée du "paquet mal-être paysan"

Au chapitre des effets contre-productifs qu'affectionne l’administration française, il y a ceux de la visite dite « du paquet hygiène et bien-être animal ». 

Cinq heures de réquisition pendant lesquelles je suis à la disposition totale de deux contrôleurs, dont les titres et fonctions me sont toujours inconnus à ce jour. Ça vient pour vérifier le bien être animal et ça n'en a rien à carrer de flanquer en l'air une demi-journée de travail à me faire manipuler des animaux pour bien les compter. De 10h00 à 15h00 et en continu, ils m'ont cassé les sabots les deux abrutis, deux heures d'abord à labourer le registre d'élevage pour voir qu'on avait rien truandé, à vider la pharmacie – bon, cinq flacons, tous périmés sauf un, faut voir ! - à me dire de jeter les produits, hygiène !...et alors, c'est le véto qui dit de pas gâcher, qu'on n'en a rien à secouer des dates, sur des anti-inflammatoires, quelle importance...mais allez, payez, gâchez !…

Et puis ensuite deux heures de triturage de bêtes. Pour les compter. Chaque boucle à chaque oreille. Alors question bien-être c'est de la mouise, parce que mes bêtes, moins on les secoue mieux elles se portent, surtout celles qu'ont déjà eu la traite le matin. Que deuxièmement, les faire partir en prairie avec plus de cinq heures de retard le temps de tout compter c'est naze, c'est des herbivores et ça a besoin de brouter. Résultat prévisible, on a perdu cinq litres de lait par traite depuis. Que troisièmement, me souffler dans les bronches pour compter des réformes qui auraient dû finir en merguez et rillettes et que nous on garde, c'est pas m'inciter à respecter leur retraite et leur bien-être, c'est me donner envie de m'en débarrasser la fois prochaine.

Question bien-être de l'éleveur, pas même lieu d'en jacter. Je me suis farci d’attraper chaque bête pour qu'ils notent les numéros sur leurs cahiers. 170 bêtes. J'ai des beaux bras maintenant. On le fait assez souvent pour que ça soit bien de pas le refaire pour des raisons stupides, mais non. DSV sauce KGB a dit, donc je fais. Me reposerai plus tard. Mangerai plus tard. Râlerai plus tard, aussi. Je ne sais pas combien elles palpent par mois mes deux gestapettes pour leur boulot de furoncles, mais elles ont week-end, congés payés, retraite !...à nos frais !...on peut, à ce tarif-là, sauter un graille pour noter des numéros avec son bic !...j'ai rien de tout ça moi, du coup j'y ai pas droit au bic, juste triturer mes bêtes. 

Au final de quoi je me plains, ça s'est bien fini, il n'y avait rien à redire. Toutes les boucles étaient là, les ordonnances, bon, manquait un bon de transport, caca, ça, mais sinon les bêtes fleuraient l'hygiène et le bien être par paquets !…ouf !...tout le monde, rassuré !
Si, juste un truc, monsieur, j'y ai pensé tout à l'heure : il y a des briques cassées dans la prairie, faisez gaffe, quand même, elles vont se blesser. 

Alors je suis pas le genre mesquin, mais pour cette remarque condescendante typique du con qui débarque de son tas de béton et croit savoir le métier mieux que nous, je dois rendre justice, en particulier, aux installateurs de la machine à traire et au vétérinaire, qui, par leur incompétence, ont tué au moins six brebis et en ont blessé définitivement une bonne vingtaine d'autres, par l'action conjuguée d'une mauvaise installation, d'un mauvais réglage et d'un diagnostic de fesse molle. Comparativement, mes fameuses briques – qui ne sont pas à moi – n'ont ni tué ni blessé personne jusqu'à présent.

Mais je vais m'empresser de les bouter hors la prairie ces vilaines briques, dont je ne soupçonnais pas, moi, l'imbécile éleveur dans son trou de balle de patelin paumé, l'immense danger pour la gente broute-menu ; et je continuerai de raquer mille euros l'an (si si, j'ai les factures) pour faire vérifier certifier ma machine à traire par des fleurs de nave qui ne savent pas la régler. Cela satisfera mes deux godiches, qui auraient fait de jolies plantes vertes dans le hall de la Carluche, rue Lauriston, en d'autre temps.

Alors avec tout ça, si on accuse encore l'administration française de ne pas mettre le « paquet » sur le bien-être animal !

PS : pour ceux qui attendent toujours après nos agneaux, sachez que le nouveau jeu de l'abattoir consiste à saisir arbitrairement les carcasses des animaux qu’ils ne trouvent pas conformes – traduisez : trop maigres. J'élève mes animaux, je les emmène, je paye et pfuit ! Plus rien !...par magie !...bien-être animal !...

PPS : pour celles et ceux qui cherchent où est passée la cinquième heure : elle leur a servi à cocher des cases sur des cerfa pour dire que tout va très bien, Madame la bêtise...

vendredi 12 mai 2017

Horaires et accès

Jours de vente :

- Le mercredi de 14h à 17h

- Le samedi de 10h à 12h, et de 15h à 18h

Accès : toujours pareil, faut affronter le chemin à nids de poules. Sortie 15 de l'A13, direction Chaufour-lès-Bonnières, puis Cravent, puis Lommoye, mais faut s'arrêter entre les deux.

Pour les GPS modernes : 48.990386, 1.498811

Résumé de l'année 2016 et point sur 2017

Aïe aïe, sept mois de silence !...ou plus !...
À la bergerie je suis beaucoup plus bavard. Si vous venez à la vente vous le savez. Vous le craignez sans doute, même...pour un bout de tomme et deux yaourts...on va encore se fader ses palabres...et ses brebis qu'elles sont si belles !...et sa prairie qu'elle est si verte !...et son bâtiment qu'il est en bois d'arbre, pas de béton, tout bois, planches, échardes et clous !...vis !...
Six mois durant 2016 on a été aux petits soins de nos brebis rasta. Il y a eu les agnelages, bien organisés cette année, plein de cases et de parcs pour ranger tout le monde.
Puis le début de traite, le sevrage, les re-premiers fromages, yaourts...en avril, pas grand monde à la vente, il faisait trop froid et humide.
Pendant que la région parisienne faisait sa petite crue centennale, en juin, on a coiffé les brebis à la tondeuse. Il pleuvait pas mal alors comme tous les autres, il nous a fallu attendre juillet pour les foins. Résultat c'est de la tisane déshydratée qu'elles broutent cet hiver.
Puis l'été est passé, tout à la fabrication et les soins du troupeau, les excursions pour les récupérer chez la voisine, la vente...on a accueilli deux jeunes brebis en colo, des savoyardes avec du khôl plein les paupières façon Alice Cooper. À part les béliers qui leur ont fait l'accueil traditionnel, elles ont été victimes de la xénophobie ordinaire de l'ouaille trop proche de Paris face à la bête de province et ses modes vestimentaires discutables (cornes, museau noir, cheveux frisés...)
Elles ont donc fugué dans le bois, s'organisant leur petite vie sauvage, avant d'être ramenées au troupeau peu de temps avant le début de la chasse, qui, chaque année, coïncide mystérieusement avec un nombre inavouable de morts violentes.
Avec l'automne, sont arrivés presque simultanément l'arrêt de la traite et donc des yaourts, fromages frais, brousse, et les chantiers pour occuper nos petits esprits l'hiver et préparer le printemps.

Parmi ces chantiers, voici ce qui nous a grandement occupés.

- La formation. Oui, produire du fromage, c'est comme sauver des vies à l'hôpital ou des actionnaires à la banque : ça s'apprend. Et pas sur les tutos. Je suis donc allé du côté de Roanne me former durant une trop courte semaine chez Opus Caseus Concept, une invention de la Maison Mons, aux pratiques de l'affinage. Je ne vous en dis pas un mot de plus, c'est secret pro des deux côtés, n'avez qu'à venir goûter pour comprendre.
J'ai aussi passé une autre semaine de formation à Carmejane, tout aussi top-secrète, pour rassasier vos petites gourmandises avec des glaces au lait de brebis. Bon, je peux vous le dire, rien qu'à vous...on a essayé la glace au Saint-Agur, la glace à la bière, mais on n'a pas fait viande hachée parce que ça coule le long du cornet.

- Les clôtures. Si vous êtes pas encore revenus - mais qu'est-ce que vous attendez ? Ça fait un mois qu'on est rouverts !...faut sortir de l'hibernation, une fois l'an, pas moins ! - vous serez un peu surpris par ce recadrage sévère de la prairie. Notre choix s'est porté sur une clôture électrique à fils lisses et poteaux de bois. Ça tient les brebis en place et permet de les faire brouter là où on veut. 

Et puis hop !...sont revenues les mises-bas. Nous avons vu arriver une horde laineuse constituée d'une centaine de petits agneaux frisés...depuis un mois, nous avons repris la traite, et donc la production.

Alors à très bientôt à Cravent !

mercredi 25 janvier 2017

jeudi 22 décembre 2016

Les colis d'agneau et Noël

Noël approche, on ne sait pas quel repas faire et on a invité une meute de carnivores ?...

Heureusement qu'on est là. Samedi 24, vous pouvez encore trouver de la tomme de brebis pour que votre plateau de fromage soit pas le même que votre voisin, et surtout qu'il soit bon, et des colis d'agneau tout ce qu'il a de plus frais et savoureux.

Les colis pèsent environ 5 kg, et contiennent un gigot, une épaule, des côtelettes, du collier, de la poitrine et des abats. Chaque morceau est conditionné individuellement sous vide, prêt à être cuisiné ou congelé.

Tarifs sur place :

Tomme : 30 €/kg
Agneau : 15 €/kg

Il est recommandé d'envoyer un message à lesbrebisdecravent@gmail.com pour l'agneau, en retour duquel vous aurez une confirmation !

Vous voilà détendus. Reste à trouver le dessert. Trop facile.

À samedi !!!

samedi 23 avril 2016

Tempête cérébrale et nouvelles étiquettes

Samedi, 23h52 : qu'est-ce qu'on pourrait bien glander après notre petite semaine d'éleveurs ???


Réfléchir aux nouvelles étiquettes !!!










Nouvelle saison chez les Brebis !


Avec le printemps, c'est aussi l'arrivée des produits laitiers 2016 !
Sur place les mercredi et samedi après-midi, ainsi que chez les bons commerçants, vous pouvez retrouver avec une gourmandise mal dissimulée les yaourts nature et vanille, les fromages frais, la Ô combien célèbre Cravouille, la brousse (à reluire) et...et c'est déjà pas mal.
Pour la tomme, patience, elle murit pudiquement en cave...
Bien entendu, vous vous demandez : comment fait-on la différence entre un bon ou un mauvais commerçant ?

Le bon a des produits de chez nous, c'est tout bête.
Vous allez également pouvoir garnir votre garde-manger avec nos œufs - et si vous venez assez tôt, vous pourrez repartir avec le rare œuf de Marans ! - ainsi qu'avec le panier de légumes de notre voisin maraîcher bio !

Enfin, après avoir profité du calme champestre, vous pourrez vous esbaudir devant le dernier modèle d'Aphone6+ de chez Olive, grand concurrent de Pomme, un bandit manchot de poche qu'on utilise comme additionneuse malgré ses multiples autres fonctions.
Alors, à très bientôt à Cravent !!!